Journée mondiale des abeilles avec Lionel Mongourdin, apiculteur au Rucher de Meythenod

par Administrateur le 20 mai 2021 à 10h52

                                                           Lionel Mongourdin © Franck Paubel

Samedi 15 mai, direction le Rucher de Meythenod. Sophie a rendez-vous avec Lionel Mongourdin. L’occasion de célébrer avec cet apiculteur savoyard la Semaine de l'agriculture française et surtout la Journée mondiale des abeilles. Équipés de notre tenue de protection, nous ne partons pas dans l’espace… mais bel et bien sur la planète des abeilles !
 
Plutôt discret, calme et souriant, Lionel est un vrai passionné. D’abord responsable des services techniques au CROUS de Chambéry, c’est à l’âge de 25 ans qu’il commence à s’intéresser de près aux insectes pollinisateurs. Treize ans plus tard, en 2009, après avoir suivi un certain nombre de stages, il choisit de franchir le pas et devient apiculteur professionnel. Aujourd’hui président du GAPS (Groupement des apiculteurs professionnels des Savoie), Lionel est un fervent défenseur des abeilles et de la biodiversité. Il est également un entrepreneur qui bourdonne d’idées pour pérenniser au mieux son entreprise dans laquelle l’ont rejoint Christine, son épouse, et tout récemment, Nathan, son fils de 24 ans. Trois mousquetaires de choc, qui à l’occasion de la Journée mondiale des abeilles, souhaitent tirer la sonnette d’alarme et faire prendre conscience aux élus, aux politiciens, aux agriculteurs, aux consommateurs de la nécessité de protéger les abeilles et leurs colonies, toutes variétés confondues.

Rencontre avec Lionel Mongourdin

Pouvez-vous nous présenter le Rucher de Meythenod en quelques chiffres ?

Notre exploitation compte quelque 800 ruches : 550 sont destinées à la production de miel et les 250 restantes sont dédiées à l’élevage de reines et à la production d’essaims. Nous récoltons chaque année entre 12 et 15 tonnes de miel, tous miels confondus. Nous essayons d’avoir en continu cinq variétés de miel, à savoir : une première récolte avec le miel de printemps, suivie du miel d’acacia, puis nous avons une grosse production de miel de montagne en provenance de Savoie. À ces trois variétés, s’ajoute la transhumance ; nous avons des ruches sur le plateau de Valensole, en plein cœur de la Provence, pour le miel de lavande mais également dans le Jura pour le miel de sapin.

Rucher de Meythenod
                                                                                          © Sogo Com
 
 

Qui sont vos clients ?

Les professionnels et les particuliers ! Nous approvisionnons les supérettes, notamment en station, mais aussi les revendeurs de produits régionaux et les coopératives laitières. Bien entendu, nous sommes également ravis de faire découvrir nos produits directement aux particuliers qui peuvent soit venir au Rucher de Meythenod soit se rendre le vendredi matin au marché de Challes-les-Eaux. Je parle de « nos » produits car en complément du miel, nous proposons également du pain d’épice « fait maison », des bonbons et des savons que nous faisons fabriquer.

 
                                                                                    © Rucher de Meythenod
 
 

Quel message aimeriez-vous faire passer à l’occasion de cette Journée mondiale des abeilles ?

Cette journée n’a rien d’une fête pour moi, c’est avant tout l’occasion de faire prendre conscience aux élus, aux politiciens, aux consommateurs de la nécessité de protéger les abeilles et leurs colonies, toutes variétés confondues. L’extinction des abeilles serait un vrai coup dur pour la planète, pour la biodiversité et bien sûr pour la qualité de notre alimentation : nous aurions notamment beaucoup moins de fruits et de légumes. J’ai deux messages importants à faire passer.

Le premier s’adresse aux politiques et aux institutionnels : il est urgent d’accélérer la recherche et de trouver un vrai remède contre le varroa, cet insecte asiatique qui fait de très gros dégâts dans nos exploitations. Sans trop entrer dans le détail, il s’agit d’un parasite qui se pose sur l’abdomen de l’abeille et se nourrit de son sang (hémolymphe chez les insectes) et de ses réserves de graisse. Le varroa est responsable de mortalités massives au sein des cheptels d’abeilles domestiques et nous manquons toujours aujourd’hui de moyens techniques et de produits efficaces pour venir à bout de cet acarien.

Mon second message s’adresse aux consommateurs : si vous voulez préserver les abeilles et aider les apiculteurs, achetez du miel local !

Nous sommes une centaine d’apiculteurs professionnels en Savoie et Haute-Savoie, je pense que chacun peut trouver un miel à son goût en respectant le circuit court…
 
 
                                                                                     © Franck Paubel
 
 

Au-delà d’être passionné, vous aimez transmettre et partager… pouvez-vous nous en dire un peu plus ?

L’arrivée de mon fils cette année dans l’entreprise me fait déjà forcément plaisir même si j’ai toujours laissé une grande liberté à mes enfants concernant leurs études. Mais bien évidemment, je suis content de partager ma passion avec lui. Comme tout passionné, j’aime parler des abeilles, de l’apiculture. Alors, quand cela est possible, je propose des stages de formation à des apiculteurs novices ou un peu plus confirmés. Et nous commençons aussi cette année à installer des ruches dans les entreprises qui souhaitent s’inscrire dans une démarche RSE (Responsabilité sociale des entreprises). L’apiculture est pour moi un formidable axe de communication auprès des collaborateurs, des fournisseurs mais aussi des clients. C’est le cas par exemple du Crédit Agricole à Annecy et à La Motte Servolex.

Vous souhaitez prolonger la rencontre avec Lionel Mongourdin et retrouver ses produits ?
Contactez-le au 06 75 81 13 48 ou sur lerucherdemeythenod@gmail.com

 
 
 
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